#22 A Scanner Darkly : parano, pilule rouge et fleur bleue, feat. Gauthier Jurgensen (Originals)
A Scanner Darkly est un peu la carte maîtresse que l'on joue lorsque l'on souhaite démontrer que le cinéma d'animation n'est pas qu'une affaire de "dessins animés pour les enfants". Réalisé par Richard Linklater, cinéaste américain farouchement indépendant, à la carrière aussi prolifique qu'insaisissable, le film est une adaptation du roman éponyme d'anticipation de Philip K. Dick (Substance Mort, en VF), transposé dans un contexte de surveillance post-11 septembre.
Nous sommes dans la banlieue d'Orange County, au sud de Los Angeles, en 2013, dans un futur proche. L'interminable et vain combat de l'Amérique contre la drogue se confond désormais avec sa guerre contre le terrorisme. Dans ce climat morose, Bob Arctor est Fred et Fred est Bob Arctor : un policier membre de la brigade des stupéfiants. Infiltré dans un milieu de toxicomanes, il mène deux vies à la fois, en coloc avec ses potes Barris et Luckman, complètement déphasés par rapport à la réalité. Tous sont accros à la Substance D, fournie notamment par l'amie de Bob, Donna. Une drogue qui mine peu à peu leur identité et leur enlève toute volonté d'action. Un jour, Bob reçoit l'ordre de s'espionner lui-même, marquant le début d'une inexorable descente dans l'absurde et la paranoïa, où loyautés et identités deviennent indéchiffrables.
Un incontournable de la littérature paranoïaque par l'un des auteurs de science-fiction les plus estimés, qui s'offre, pour sa version cinéma, un casting cinq étoiles composé de Keanu Reeves, Robert Downey Jr., Winona Ryder, Woody Harrelson et Rory Cochrane, tous bien reconnaissables à l'écran grâce à l'utilisation du procédé de rotoscopie. Tous les ingrédients étaient là, et pourtant, A Scanner Darkly n'a pas rencontré son public, essuyant un sérieux gadin au box-office. Alors que, derrière ses atours de film de stoners mal aimable, se cache une véritable pépite de cinéma paranoïaque, dans la plus pure tradition de cette tendance du cinéma des années 1970, magnifiée par l'emploi d'une animation essentielle au récit. Faut-il donc réhabiliter ce film oublié, portant en lui les angoisses et les questionnements de toute une équipe ? C'est ce dont nous discutons avec Gauthier Jurgensen du podcast Originals, invité d'honneur de cet épisode, qui se prête en préambule au désormais traditionnel Questionnaire Animédia. Bonne écoute !
Animé par Flegmatic
Guest star : Gauthier Jurgensen, journaliste cinéma chez Satellifacts et co-créateur du podcast Originals.
Le Grand Classement du cinéma d'animation est disponible sur Letterboxd.
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Générique : Encounter of Every Possible Kind - Midnight Commando
CC BY 4.0 DEED