La monoculture désigne le fait de cultiver une seule espèce végétale sur une même parcelle, souvent sur de grandes surfaces, et fréquemment année après année, au lieu d’alterner les cultures (rotation) ou de les associer.
Sur le papier, c’est simple : mécanisation plus facile, rendements plus prévisibles, coûts unitaires plus bas. Mais écologiquement, c’est une stratégie risquée.
1) Elle appauvrit la biodiversité.
Quand un territoire devient un “océan” de maïs, de soja ou de palmiers, on remplace une mosaïque d’habitats par un milieu uniforme. Résultat : moins de plantes sauvages, moins d’insectes, moins d’oiseaux, et un écosystème plus fragile. À l’échelle mondiale, l’érosion de la biodiversité est déjà massive : l’évaluation de l’IPBES estime qu’environ 1 million d’espèces sont menacées d’extinction, et que 75 % des surfaces terrestres ont été significativement altérées par les activités humaines, notamment l’usage des terres.
2) Elle favorise les ravageurs… donc les pesticides.
Une monoculture offre aux parasites une ressource continue et homogène. Quand un champ entier est la “même cantine”, une maladie ou un insecte peut se propager beaucoup plus vite. La réponse habituelle est l’augmentation des intrants : herbicides, fongicides, insecticides. Cela peut contaminer sols et cours d’eau, et accentuer la pression sur les pollinisateurs et la faune aquatique.
3) Elle dégrade les sols.
La répétition d’une même culture extrait souvent les mêmes nutriments, ce qui accentue l’usage d’engrais. Surtout, l’uniformité réduit la diversité des racines et de la microfaune du sol : moins de vers, moins de champignons utiles, moins de matière organique. À l’échelle globale, la FAO estime qu’environ 1,66 milliard d’hectares de terres sont dégradées par les activités humaines, et que plus de 60 % de cette dégradation touche des terres agricoles (cultures et pâturages).
4) Elle pèse sur l’eau et le climat.
L’agriculture occupe environ 44 % des terres habitables de la planète. Et elle représente, globalement, autour de 70 % des prélèvements d’eau douce. Des systèmes de monoculture intensifs peuvent accentuer l’irrigation, le ruissellement d’azote et de phosphore (eutrophisation), et la dépendance aux engrais azotés, dont la fabrication et l’usage émettent des gaz à effet de serre.
En bref : la monoculture est efficace à court terme, mais elle réduit la résilience des écosystèmes, abîme sols et eau, et fragilise la biodiversité—ce qui finit par menacer… l’agriculture elle-même.
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